17 octobre 2017

Actualités juridiques

Startup du WEB et avocat : quelle collaboration?

12 mai 2012 à 14h57 par Christophe Landat
 

WIKIPEDIA
définit la startup comme "(...)une jeune entreprise à fort potentiel de croissance et qui fait la plupart du temps l'objet de levée de fonds. On parle également de startup pour des entreprises en construction qui ne se sont pas encore lancées sur le marché commercial (ou seulement à titre expérimental). Elle est en phase plus ou moins longue de développement d'un produit, de test d'une idée, de validation d'une technologie ou d'un modèle économique... le risque d'échec est décuplé par rapport à des entreprises traditionnelles (...)".

Ce risque d'échec, il est autant lié aux riques commerciaux qu'aux errements juridiques d'une jeune entreprise. Quel place pour la maîtrise du risque juridique dans ce type de "jeune pousse"? Et notamment, dans le domaine qui m'intéresse, quel avocat pour ces jeunes boîtes du WEB plein d'avenir pour qui le droit n'est souvent qu'une préoccupation bien secondaire? Portrait de l'avocat idéal...
Bon, je sais, la ficelle est un peu grosse, et vous vous dites fatalement "dans deux minutes il va nous parler de lui!". En même temps, c'est le jeu! Mais très honnêtement, l'expérience du contact avec les jeunes entrepreneurs du WEB permet souvent de vérifier qu'il y a comme une forme de soulagement pour eux à constater que je comprend facilement ce qu'ils me racontent... et pour cause.

Je m'explique.

Chaque avocat a son domaine d'expertise : l'immobilier, le pénal, le social... Mais le "droit du web" (expression digne de la "bravitude" de Ségolène en 2007...) a ceci de particulier que le courant passe toujours mieux avec les clients quand on est soi-même un initié, un passioné...un Geek!!!

J'ose le terme, puisse que c'est d'ailleurs ainsi que je suis surnommé au sein du Conseil de l'Ordre dans lequel je siège, par mes confrères mais aussi par mon propre Bâtonnier en exercice!... C'est donc sans surprise et avec un plaisir non dissimulé que j'ai pu inaugurer la présidence de la première commission "Nouvelles Technologies" du Barreau de Montpellier (l'honnêteté poussant à dire qu'on est tous président de quelque chose dans ce genre "d'institution").

Ce surnom que j'accepte bien volontiers, non seulement le l'assume, mais je le revendique!

Regarder les Keynotes d'Apple en live sur le web, remplir les forums de messages sur les dernières nouveautés technlogiques à venir sous un pseudo stupide (non je ne vous dirai pas lequel...), lire régulirement les billets de Gonzague DAMBRICOURT ou ceux de de TECHCRUNCH, passer des heures sur le Journal du Geek pour savoir comment va prochainement se vider mon comtpe en banque, brûler des cierges pour que le système WEB OS, ne connaisse pas le sort d'AMIGA, refuser l'achat d'un IPHONE pour pouvoir découvrir ANDROID tournant sous Galaxy S2 (bientôt le S3!!!) et m'entendre dire par tous les confrères que je suis totalement incohérent puisque fan de la pomme, m'émerveiller sur des vidéos d'unboxing de produit Hightech sur YOUTUBE sous l'oeil suspicieux de mon épouse s'étonnant que je ne réagisse pas de la même manière au déballage des courses quand on revient du supermarché....  tout cela... allez... je l'assume!

Mais finalement, je l'assume d'autant plus que cela me facilite grandement les échanges avec les clients venant du WEB.

Au delà du strict plan professionnel, il est plaisant d'échanger sur tel ou tel sujet d'acutalité lié aux nouvelles technologies ou à l'évolution du WEB. Il est aussi agréable d'entendre un client vous dire que ne pas avoir à vous expliquer certaines notions pendant des heures a facilité grandement les échanges : on se concentre alors bien plus sur la qualité de la prestation, sur les objectifs du client.

Ce n'est pas médire que d'affirmer que les générations d'avocats à l'aise avec le WEB et les nouvelles technologies n'ont pas encore tout à fait pris leur envol. Ils arrivent et sont à mon sens ceux qui sont nés dans les années 2000, ceux qui n'ont encore aujourd'hui que 12 ans : eux seront probablement parfaitement en pahse avec les nouveaux défis juridiques soulevés par les nouvelles technologies.

Force est de constater qu"il existe souvent un décallage énorme entre la science juridique des références professorales en la matière et leur nullité absolue dans la maîrise des technologies en elles-mêmes. Même chose dans la profession ou par exemple le Réseau Privé Virtuel Avocat (RPVA) est sans doute la plus belle illustration de la totale incompétence de ceux qui ont eu à opérer le plus grand bouleversement de la profession d'avocat de ces 50 dernières années sur le plan pratique. Pour l'anecdote, en charge de la contribution à la mise en place de ce système sur le ressort du Barreau de Montpellier, je me remémore un échange particulièrment vif avec le Bâtonnier pilotant le développement du système, incapable lors de sa venue à Montpellier de savoir utiliser VLC et le vidéo-projecteur mise à sa disposition pour lancer les vidéos de démo...CQFD. Le RPVA avait été conçu pour fonctionner, non pas à partir de tel version du système d'exploitation WINDOWS comme le prévoit la plupart des logiciels (évidemment pas compatible à l'époque avec OS X sans 3 heures de bidouillage...) mais uniquement pour tel version de l'OS, jusqu'à tel autre... ce qui supposait qu'on n'effectue plus aucune mise à son jour de son OS sous peine de ne plus pouvoir utiliser le logiciel!... Du grand art assurément.

J'ai eu le malheur de poser le problème en conférence publique, je n'ai pas été déçu du voyage à l'époque.

Certains enfin considère qu'il faut cacher ce volet de sa personnalité (et c'était mon cas en grande partie encore avant cet article) pour rassurer le client et répondre aux clichés traditionnels de l'avocat.

J'ai reçu hier à mon cabinet un client dont le rendez-vous devait selon moi se tenir un autre jour. Or je cède bien volontiers à la mode du "friday wear", ceux qui me lisent le savent. Donc jean, jordans et chemises hors du pantalon... Or je reçois habituellement en costume/cravatte (avec les conseils de ce super blog qu'est "commeuncamion.com", on peut qu'être élégant!), en tout cas lors de mes premiers rendez-vous. Une façon de rassurer le client. Là, j'ai lu la surprise sur le visage du client qui fort heureusement pour moi était un jeune étudiant qui s'est amusé de mes excuses sur ma tenue du moment...

Mais n'est-ce pas se soumettre à ces dogmes qui veulent que l'on respecte à la lettre l'image que doit renvoyer telle ou telle profession? Bien sûr que si.

Force est pourtant de constater qu'ils contribuent à créer de la distance avec le client et surtout le client créatif du WEB, celui qui fonce, qui est ingénieux, qui prend des risques pour faire vivre son idée et qui fait passer l'apprence après le fond. N'est-ce pas l'éloigner de l'avocat quand il faudrait au contraire travailler à développer un partenariat simple mais professionnel débarassé des conventions?

Etre finalement un avocat "normal"?... Il paraît que c'est à la mode depuis quelques jours. Oui mais voilà, l'avocat qui se passionne de motion design, qui tente de persuader ses confrère qu'il faut se lancer dans la préservation des données du cabinet via le cloud computing, qui trouve formidable les solutions d'Axiatel, d'Invokit, d'Iadvize, l'avocat qui Tweet, qui utilise Facebook, qui passe des heures à comprendre comment fonctionne un nouveau soft en se couchant à des heures que seuls les Geeks, les somnambules, les chouettes et les fêtards connaissent,... cet avocat-là est-il normal????

Bref, suis-je seul dans l'Univers?

S'il fallait un coming-out, le voilà réalisé. Ouf! ça va mieux...J'ai donc droit à une pause maintenant. Au fait, quoi de neuf, sur macgeneration, ça doit bien faire 5 bonnes minutes que je n''y suis pas allé...

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