19 août 2017

Actualités juridiques

Hommage à Leonard KLEINROCK, père fondateur de l'Internet

25 mai 2012 à 16h48 par Christophe Landat
 

Leonard KLEINROCK est professeur à UCLA (University of California Los Angeles), il a aujourd'hui 78 ans. Il est le premier à avoir établi un échange de données en "paquets" entre deux ordinateurs. C'était en 1969.
Avocat-consultation.com a été hier distingué au cours de la cérémonie de remise des prix de la communication juridique et a reçu le trophée du meilleur site web.

J'écrirai bien sûr un billet là dessus, mais je souhaitais avant toute chose vous faire part de ma très grande émotion suite à l'échange incroyable que j'ai pu avoir avec un très grand Monsieur le jour ayant précédé cet évènement : le Professeur Leonard KLEINROCK.

A la recherche d'idées pour le mini-speech que je devais prononcer au cours de la soirée, j'ai songé à regarder de plus près l'histoire de l'INTERNET. Peu de monde le sait mais le WEB n'est qu'une application de l'INTERNET. Et l'un des pères fondateurs de l'INTERNET est Leonard KLEINROCK, avec d'autres personnages illustres que je vous invite à découvrir sur ce site fabuleux dédié à l'histoire de ce phénomène :  http://www.internethalloffame.org/ .

C'est en parcourant ce site que j'ai appris plein de choses et notamment cet événement d’ampleur qui allait m’aider dans ma démarche puisqu’à l’occasion des 20 ans de l’Internet Society, un "Hall of Fame" de l'internet a été inauguré le 23 avril dernier à Genève. Cette association prestigieuse récompense chaque année les personnes ayant œuvré pour le bien de l’internet mondial.
 
A cette occasion, 33 personnalités on vu leur nom être gravé dans le marbre de l’histoire du Net.
 
Parmi elles,  Leonard Kleinrock.
 
En 1969, alors que toutes les conversations du globe tournent autour du nom de Neil AMSTRONG depuis le 21 juillet, date à laquelle il a marché le premier sur la lune, dans l’indifférence la plus générale, il réalise le premier échange de données entre deux ordinateurs  : nous sommes en octobre 1969,  il y a 42 ans (le 2 septembre 1969, un premier test concluant mais plus modeste a été réalisé).

Il explique sur la vidéo que le premier message jamais échangé sur le NET aurait du être "LOGIN" (connecté) mais qu'en raison d'une défaillance d'un des ordinateurs il fut incomplet et devint  "LO" comme "LO AND BEHOLD" que l'on traduit en anglais par "voilà"... CQFD). On ne pouvait pas trouver un message porteur de plus de sens selon lui.

Il indique pourtant que pour l'invention du morse ou les premiers pas d'AMSTRONG sur la Lune, des phrases légendaires et qui resteraient dans la mémoire de tous avaient été préparées : "ces types étaient intelligents et avaient tout compris à la communication" dit-il. Rien de tel pour lui et ses étudiants : pas de caméra, pas de public et donc personne pour s'en rappeler ou avoir la simple curiosité de se renseigner un jour sur cette histoire incroyable!

Il est de notre devoir d'entretenir cette mémoire, de la diffuser, c'est notre patrimoine à tous.


  
Il est admis par tous que cet échange, anodin pour les contemporains que nous sommes, est considéré comme l'événement fondateur d'ARPANET, ancêtre du réseau Internet. 
 
Le bon de géant pour l’humanité qu’évoquait AMSTRONG aura effectivement bien lieu, mais dans un austère laboratoire de sciences et non sur la Lune, abandonnée à son sort depuis le début des années 70.
 
Sans cette découverte, pas d’internet, pas de WEB, pas de TWITTER, de FACEBOOK, pas de GOOGLE…  et encore moins de remise de trophée de la communication juridique dans la catégorie site web…
 
En songeant à cela, j’ai compris que pour savoir où l’on va, il faut également savoir d’où l’on vient.
 
Fort de cette remarque, j'ai donc fait des recherches sur Leonard Kleinrock sur GOOGLE - juste retour des choses - et j'ai décidé de lui écrire. Dans mon mail, je lui expliquais l’honneur que constituerait pour moi le fait d’avoir un simple mot de sa part dont je puisse me faire l’écho lors de la remise du prix.
 
Cinq heures plus tard, je recevais  une réponse : la voici traduite pour vous en français :
 
 
« Cher Christophe,

Félicitations pour votre prix. Je suis heureux que vous mentionniez mon nom dans votre discours de remise de prix d’une durée de  2-3 minutes demain. Peut-être le mieux que je puisse vous offrir est de vous faire parvenir une copie du discours de remise de prix que j'ai prononcé à Genève le mois dernier sur mon parcours lors de mon intronisation dans le Hall of Fame de l’histoire de l’Internet ; moi aussi, j’étais limité dans le temps, j'ai donc écrit un court poème qui résume mes pensées. Vous pouvez vous sentir libre d'utiliser tout ou partie de celui-ci, mais croyez-moi,  il pourrait vous mettre dans l'embarras en raison de ses pauvres rimes. Il est joint ci-dessous.

Cordialement,
Leonard Kleinrock »
 
Il m’aura donc fallu moins de 5 heures et un simple échange de courrier électronique par delà l’Atlantique pour comprendre l’essence même de l’Internet et du WEB : humilité, simplicité et génie d’un côté, passion et amateurisme de l’autre peuvent donc communiquer  sans aucune barrière ou suffisance d’aucune sorte.
 
L'ADN du Net c'est cette absence de barrière entre les personnages les plus éminents de la planète et des anonymes. Les pères fondateurs de l'INTERNET qui ont permis aux ZUCKERBERG (Facebook), Larry PAGE, Sergey BRIN (Google) et dans une certaine mesure aux Steeve JOBS et Bill GATES de devenir ce qu'ils sont devenus, n'ont eux jamais brevetés leurs découvertes.... Ils auraient pu devenir les hommes les plus riches de la planète mais ils ont simplement décidé d'écrire le début de l'histoire et nous laisser la continuer. 

Il aura encore fallu  notamment Tim BERNERS-LEE pour que "World Wide Web" existe (1980-1990 en plusieurs étapes) et que le premier navigateur soit lancé pour vulgariser le "surf".
 
 
Je ne saurai conclure ce billet  sans vous livrer ce poème que m’a transmis le Professeur Kleinrock. Je vous le livre en original en anglais et également au travers d’une traduction (qui vaut ce qu'elle vaut...) ne permettant pas d’en préserver les rimes mais en l’écoutant, songez simplement à son auteur et au message qu’il porte en lui :
 
 
«  120 secondes c’est très peu pour vous remercier tous pour l'honneur qui m’est fait d’être intronisé au Temple de l’Internet SOCIETY.
C'est un plaisir d’être de l’équipe de ceux qui ont mis sur les rails l’Internet Express qui a réalisé notre rêve.

Mais en réalité ce Hall of Fame est bien trop petit, il n’a pas la taille appropriée
Vous avez besoin d’un endroit beaucoup plus grand pour énumérer les nombreux gagnants de ce prix.
Pour chaque utilisateur qui contribue partout au développement du Net
 
Vous avez besoin de deux milliards de places supplémentaires et arrivé à ce stade  vous aurez encore besoin de  davantage d’espace.
Ces premiers jours étaient dorés et les défis  énormes.
 
Nous aurions pu prendre des raccourcis et créer un assemblage incertain
Ou nous aurions pu obtenir des brevets pour nourrir notre coffre-fort
 
Mais au lieu de ça nous l’avons bien développé et notre quête a abouti (…)
Les plus jeunes sont désormais aux responsabilités, il est temps que nous les laissions prendre le relais »

Version originale :




It’s Time That We Let Go
By
Leonard Kleinrock
On the occasion of his acceptance into the Internet Hall of Fame April 23, 2012
 
120 second’s not much time to thank you all
For the honor and induction into the ISOC Hall.
It’s a pleasure to be one of those included on the team
That launched the Internet Express and realized our dream.
 
But this Hall of Fame is woefully inadequate in size.           
You need much more to list the many winners of this prize.
For every user everywhere contributes to the net.
So you need two billion spaces more and then you’ll need more yet.
 
 
Those early days were golden and the challenges were huge.
We could have taken short cuts and create a frightful kluge.
Or we could have gotten patents to enrich our treasure chest.
But instead we did it proper and succeeded in our quest.
 
The packets they went streaming they went flying hop by hop.
And when the gigapipes were full there was no way to stop.
The flow control protected us as apps did quickly grow.
The younger kids are now in charge – it’s time that we let go.

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Merci Professeur KLEINROCK, tout simplement merci.
 

Commentaires

1. Par JB, le 27 mai 2012 à 23h13
JB

Classe !

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