21 août 2017

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Vacances! Je vais... essayer... de débrancher

02 août 2012 à 14h00 par Christophe Landat
 

Thierry CROUZET a rédigé un de ces livres à côté duquel toute personne sensée pratiquant "l'auto-analyse" de temps en temps ne peut passer. Depuis quelques mois, ce livre me montrait presque du doigt à chaque fois que je déambulais tranquillement (téléphone à la main) dans les rayons des librairies montpelliéraines. J'entendais une petite voix hurler alors : "lui aussi! lui aussi! c'est un toxico du clavier, un mangeur d'oiseau bleu, un boulimique du numérique!"... J'allais finir par me faire repérer. Il fallait donc bien que je finisse par l'acheter.

Et c'est chose faite!

C'est dit, ce sera ma lecture des vacances. Quelle n'a pas été ma surprise de découvrir qu'on m'a dirigé vers le rayon "Drogues/addictions" quand j'ai cherché l'ouvrage alors que je farfouinais au rayon informatique.

Drôle de sensation...

Et puis j'ai lu le quatrième de couverture, juste pour être sûr, juste pour un diagnostic discret et instantanné. Et je l'ai vécu comme une discussion troublante avec le livre, me sentant pris au piège d'un interrogatoire en règle :

"Au début, vous regardiez vos mails une ou deux fois par jour. Combien de fois le faites-vous aujourd’hui ?"
Tout le temps, mais seulement toutes les 5 minutes si j'ai du retard...

"Vous arrive-t-il de consulter vos messages compulsivement toutes les cinq minutes, comme si votre vie en dépendait ? "
Zut! C'est ce que je viens de dire!...

Cherchez-vous parfois votre mobile avec plus de fébrilité que vos clés ?
Oui... d'ailleurs il est où mon S2 là?...

"En un mot, seriez-vous accro à internet ? "
Qui moi? Mais non... bon, peut être juste un peu...

"Cet outil inventé pour nous aider à mieux communiquer ferait-il de nous des esclaves ?"
Deux minutes, je regarde juste mes mails et je vous réponds. Là... vous disiez?



Et voilà comment on laisse son Stephen King traditionnel des vacances (oui je sais ma culture générale laisse à désirer...), pour finir par une thérapie - même pas de groupe - et en se lançant un défi : et si moi ausi, je débranchais?

Pas 6 mois, mais juste le temps des vacances, pour voir si oui ou non je suis vraiment "accro". Pour voir si je dois dénoncer mon dealer, celui qui a fait de moi le Geek que je suis devenu : Maître Sadry Porlon, "l'homme téléphone", mon confrère et ami parisien, celui-là même qui m'a donné ma première dose de numérique alors que nous partagions les bancs de la FAC au DEA Informatique et Droit Montpelliérain de ce cher Michel BIBENT.

Je n'étais alors qu'un innocent petit étudiant en droit. Et puis il y eu cette funeste rencontre avec plein de Geeks, des vrais, au DEA informatique et droit : les Olivier, les Anthony, les Vincent, les Rodolphe, les Julien, les Laurent, les Ulrich... et leur chef, leur leader, Sadry Porlon!

Au début, c'était seulement des heures passées devant un écran relié au net. Et puis ça c'est aggravé, d'abord avec un insignifiant Toshiba E740 rapporté du Canada. Et ensuite avec d'autres Pockets PC, auxquels ont succédé des Palm. Le MAC a fini par bouter le Compaq hors du cabinet... J'ai commencé à vénérer moi aussi le Dieu GONZAGUE et tous les matins à répondre à l'incantation youtubesque du Gourou DOMBRICOURT :  "Bonjour c'est Gonzague"...  : "Bonjouuuuuur Maître....".

J'ai même trouvé intéressantes les séquences vidéos de unboxing... Oui je l'avoue...

Avouer, faire son coming-out numérique, n'est-ce pas là le premier pas vers une désintoxication efficace? Le retour à la machine à écrire, à mon Nokia 5110 ou pourquoi pas à la cabine public tiens...

Toujours quelque chose à lire, toujours quelque chose à regarder ou à tester, que ce soit pour les loisirs ou pour le boulot : les nouvelles applications, l'évolution du Cloud, les nouvelles machines ou encore la jurisprudence qui vous tombe toute chaude dans la boîte mail,  les blogs de confrères souvent très intéressants, les newsletters pour le boulot ou le plaisir (ou les deux en même temps), il y a toujours une bonne excuse pour relever l'écran de son portable et se connecter. Juste, trente secondes, le temps d'un mail, d'une réponse à un client, le temps de la lecture d'une brève, le temps d'un Tweet...

Au réveil, devant un café pour la revue de presse High Tech et généraliste, en arrivant au cabinet pour répondre aux premiers mails reçus des clients et consulter Twitter avant de mettre le nez dans les dossiers, ou encore à midi sur le chemin du restau en consultant son smartphone et en envoyant quelques sms,... jusqu'au soir avant d'aller se coucher (tard, très tard...) après avoir écumé tout ce que le web offre de fenêtres sur les nouveautés.

Malheur aux curieux de tout et aux accros de l'info sur le Web... Petit malaise quand même quand on s'interroge sur ce qu'il faut bien appeler une certaine forme de dépendance. Vient alors la découverte d'un ouvrage qu'on s'auto-prescrit. Mon "doliprane numérique"... 

Un constat, une bonne résolution et une question : mais comment faisait-on avant?

Bref... il est temps de se soigner! Lundi, j'arrête!


... ou mardi...





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