23 août 2017

Actualités juridiques

Il était une fois... le #SWMTP...

03 juin 2013 à 10h04 par Christophe Landat


J’ai participé à mon premier START UP WEEK END à Montpellier vendredi soir, samedi et dimanche dernier. J’en ressors heureux, étonné et allez, disons-le aussi, assez ému.
Le hasard est ainsi fait que l’arrivée au cabinet ce matin a commencé par le rituel de l’ouverture du courrier. Et à la suite des traditionnels courriers de procédures que nous nous adressons entre confrères, j’ai trouvé un remerciement en réponse à un mot de condoléance que j’avais adressé à la famille d’un client avec qui j’avais commencé à tisser des liens de complicité, nos échanges épistolaires par email se teintant souvent d’humour potache, dont je ne cache pas être client, tout en restant professionnel, ce qui à mon sens n’est absolument pas incompatible.
 
J’ai été très touché par les mots de son épouse et la transition avec le week-end plein de vie, d’énergie et d’avenir que je viens de vivre me plonge immanquablement dans quelques réflexions intérieures me poussant à rédiger ce billet, au moment de reprendre une semaine de travail.
 
A l’heure où beaucoup cultivent le pessimisme, j’ai vu moi, au cours de ces 2 jours et demi, toutes les raisons de se réjouir. 54 heures d’une vie m’auront permis de voir que l’avenir est là, dans chaque bout de France, dans chaque morceau de projet, dans chaque regard de gamin avec lesquels j’avais parfois près de 20 ans d’écart. De l’intelligence à revendre, une grosse envie de réussir, une vision de l’avenir très loin des clichés de l’INSEE ou des sondages à deux francs six sous que nous infligent le Figaro, le JDD ou encore Libération tous les 4 matins pour savoir comment va le moral des français. Il va bien merci !
 
Il s’épanouit même dans un mélange de décontraction non feinte et de rigueur déjà professionnelle pour la grande majorité.
 
Je ne m’attendais pas à assister à des présentations d’une telle qualité, à voir des projets aussi aboutis après un si bref délai. Et remontant l’allée qui me ramenait à mon véhicule hier soir, je songeais – réflexe professionnel oblige – à tous les obstacles que ces jeunes auraient à franchir pour faire aboutir leurs idées. Ceux-là même qui aujourd’hui font la preuve de leur incroyable capacité à lancer une dynamique d’entreprise seront les mêmes qui demain seront peut être pointés du doigt parce qu’ils auront trop bien réussi. Pourquoi un jeune plein de talent et d’avenir se mue-t-il aux yeux de trop de nos représentants et de nos concitoyens en "salaud de patron" quand il a réussi à faire aboutir son idée entrepreneuriale ? Pourquoi notre législation, quelque soit la couleur politique de nos dirigeants s’écrit-elle à l’encre du défi et de l'obstacle quand elle devrait libérer les énergies ? Il faut avoir vu l'émotion d'un Cedric O'NEILL sur scène (100pharmacies.com), évoquant, les yeux gonflés de larmes les étapes à franchir pour faire aboutir son idée, les moments de doute et les difficultés financières rencontrées pour comprendre ce que signifie "rage d'entreprendre", ce qu'est un entrepreneur. C'est un porteur d'idée avant tout autre chose. N'est-ce pas là notre nature même? S'il a fallu que des arbres poussent pour façonner nos paysages, ne faut-il pas que des idées naissent pour faire de même avec nos sociétés? Accepter que la réussite financière d'une entreprise ne soit qu'un épiphénomène de l'innovation, permettrait sans doute de réconcilier tous ceux que la vie conduit bien trop souvent à diriger sans jamais entreprendre, avec nos dirigeants de sociétés.
 
J’ai un scoop pour eux : un certain Lindbergh aurait franchit l’Atlantique à l’aide de son aéroplane  récemment. Certes, je ne suis pas devin, mais beaucoup disent que très rapidement le transport de masse se saisira de cet objet volant et qu’il deviendra très facile de faire ses valises pour aller saluer nos cousins d’Amérique en quelques heures seulement, les bagages pleins de vêtements… et de bonnes idées.
 
J’ai vu sur les tables bien garnies de ce StartUp Week-end des viennoiseries bien françaises au petit-déjeuner, du jambon de pays et du vin rosé à l’apéro et j’ai vu également périr par le grill ces bonnes vieilles saucisses et merguez qui enfument si souvent les jardins de notre « cher et vieux pays » comme le disait le grand Charles.
 
A n’y prendre garde, si on décourage plutôt qu’on incite, si on empêche plutôt qu’on autorise, si on restreint plutôt qu’on ouvre, si l’explosion du talent en pleine mer de France ne provoque en réaction qu’un Tsunami de législation commerciale, sociale et fiscale imbéciles et confiscatoires, alors peut-être, je dis bien peut-être, verrons-nous ces buffets prisées par cette jeunesse fière des valeurs véhiculées par le pays qui les a vu naître mais très connectée aux autres continents, se réduire comme peau de chagrin.
 
Je serai pour ma part assez contrarié de les savoir contraint de bouffer du hamburger à longueur de journée, malgré toute l’affection que je porte à l’Oncle Sam. Et encore pourrait-on parler d’autres régimes alimentaires… tant les candidats à l’accueil de ces pépites sont nombreux.

Sans doute faudra-t-il que certains de ces jeunes talents s'intéressent aussi à la chose publique pour qu'enfin les choses changent durablement dans ce vieux coin d'Europe où naquirent ou accostèrent un jour nombre de talents du monde entier.

En attendant, après m'être prêté avec délectation aux joies du "tweet chambreur" tout le week-end, me revient le devoir de faire preuve d'un peu plus de sérieux en achevant ce modeste post par une citation à destination des diamants bruts côtoyés cette fin de semaine dernière et qui m'a tellement fait prendre conscience du potentiel de notre pays.

Comment conclure sans faire écho au courrier évoqué en introduction, précisément après avoir vécu ce Startup Week-end? Qu'on ne soit pas surpris que je puise dans le répertoire d'un doux-dingue anachronique et en même temps entrepreneur de génie pour user d'une déclaration pertinente, puisque ce monde me plaît autant qu'il me fascine.

"Remembering that I'll be dead soon is the most important tool I've ever encountered to help me make the big choices in life. Because almost everything — all external expectations, all pride, all fear of embarrassment or failure - these things just fall away in the face of death, leaving only what is truly important. Remembering that you are going to die is the best way I know to avoid the trap of thinking you have something to lose. You are already naked. There is no reason not to follow your heart."
Steeve Jobs - 2005 - Stanford University.

Bon vent à chacun d'entre vous.

Commentaires

1. Par Skimbo Froggies, le 03 juin 2013 à 14h12
Skimbo Froggies

Merci pour cet article ! Toute l'équipe de skimbo te remercie pour tous les conseils du week-end. Même si nous n'avons pas eu de questions juridique, tu as pris le temps de discuter avec nous, de nous donner ton point de vue... Et ça ça n'a pas de prix !

2. Par Vincent Herbelet, le 03 juin 2013 à 23h43
Vincent Herbelet

Merci Christophe pour tes conseils lors de cet événement. Un avocat est plus que nécessaire dans le parcours de jeunes entrepreneurs. Au plaisir d'une autre rencontre. Vincent de KidsPlanr.org

3. Par Maître Christophe Landat, le 22 juin 2013 à 18h57
Maître Christophe Landat

Désolé pour la validation tardive de vos commentaires très sympathiques. Je vous souhaite à tous bon courage pour la suite de vos aventures entrepreneuriales et je suis à votre disposition si besoin est!

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