20 octobre 2017

Actualités juridiques

10 choses à savoir pour bien choisir un avocat

28 août 2013 à 16h58 par Christophe Landat



Ca y est, vous y êtes. Vous avez besoin d'un avocat et mon  dieu... ça ne vous est jamais arrivé auparavant! Alors que faire? Mettre tout de suite la maison en vente pour pouvoir payer les honoraires, aller taper à la porte du cabinet de cet avocat vu dans le 20H de TF1 et qui avait l'air de si bien maîtriser son sujet? Ou faire osciller le pendule au dessus des plaques jonchant les murs de votre ville? Rien de tout cela en vérité. Quelques petites règles devraient vous permettre de vous en sortir assez facilement. Et puis si vous hésitez encore après ça... appelez-moi! ;0)
1. Vous n'avez pas forcément besoin d'un spécialiste. C'est la première question qu'on nous pose quand on nous croise : vous êtes spécialiste en quoi? Comme si tout avocat devait avoir sa spécialisation dans une matière bien définie. En réalité, la plupart des avocats n'ont pas ce que l'on appelle "un certificat de spécialisation" qui l'autorise à se dire "spécialiste". C'est une démarche volontaire de l'avocat pour tenter de se faire identifier dans un domaine juridique particulier. Sachez que les honoraires d'un spécialiste sont souvent plus élevés que celle d'un généraliste. A l'instar du médecin, l'avocat généraliste maîtrise peu ou prou tous les domaines du droit privé ou du droit public. Et s'il ne pratique pas tous les jours la matière du dossier que vous lui apportez, il saura trouver les renseignements requis puisque c'est justement son métier! Si toutefois il constate que le domaine concerné dépasse son niveau de compétence et bien les règles professionnelles lui imposent de vous le dire et de vous orienter vers le confrère approprié. La première règle consiste donc à s'orienter vers un spécialiste uniquement pour des besoins très spécifiques comme par exemple une question pointue en droit fiscal.

2. Un jeune avocat n'est pas un mauvais avocat. Trop souvent le client va recherche l'avocat ayant "de la  bouteille", refusant de confier son dossier à un avocat récemment inscrit au Barreau. Un jeune avocat présente pourtant de nombreux atouts. Le premier d'entre eux c'est le prix. Très souvent ses honoraires sont inférieurs aux avocats plus expérimentés et tant qu'il n'a pas atteint un certain niveau de chiffre d'affaire (aux alentours de 39000€), il n'est pas soumis à la TVA : soit près de 20% de réduction par rapport aux avocats plus âgés... L'autre avantage c'est que le jeune avocat a souvent envie de faire ses preuves et que sortant tout juste de l'Ecole de formation, il apportera le plus grand soin à la vérification et à la re-vérification des démarches qu'il opérera pour vous. Il compensera ainsi son inexpérience par une farouche envie de faire ses preuves et de convaincre le client de la qualité de son travail, constitution de clientèle oblige.

3. Un avocat commis d'office n'est pas un avocat au rabais. La commission d'office concerne tous les avocats, même si le domaine de prédilection de ce moyen de désignation concerne pour l'essentiel le domaine du droit pénal. Oubliez tout ce que vous avez vu dans les films venant d'Hollywood. On désigne souvent un avocat d'office en raison de ses compétences particulières dans le domaine concerné! Le "commis d'office" est sans doute une des plus vieilles légendes urbaines sur notre profession, c'est sans doute aussi la plus infondé. La désignation d'un avocat par commission d'office signifie simplement que le Bâtonnier vous assiste dans votre choix d'avocat, puisque vous-même, vous n'en connaissez pas. Sachez que le commis d'office ne travaille ainsi que ponctuellement et souvent sur la base du volontariat : le reste du temps, c'est un avocat parmi tant d'autres qui fait tourner son cabinet.

4. L'avocat n'est pas forcément hors de prix. Le recours à notre profession est souvent redouté en raison de nos tarifs. Souvent élevés, ceux-ci le sont en partie à cause des charges énormes qui pèsent sur nos cabinets, à l'instar d'ailleurs de toutes les entreprises françaises. Sachez qu'en moyenne, plus de 60% des honoraires versés finissent dans les caisses de l'Etat et que près de 20% de ce que vous réglez constitue de la TVA. N'hésitez pas à discutez les honoraires : il s'agit d'une prestation de service soumise à la concurrence. Exigez un devis et le cas échéant, une convention d'honoraires quand des sommes importantes sont en jeu. L'honoraire pourra baisser de manière significative avec une clause de résultat (pourcentage de gain revenant à l'avocat sur les sommes espérées) et/ou le jeu d'une assurance juridique et rares sont les avocats qui refusent l'étalement des paiements : à dire vrai, c'est même la règle.

5. L'avocat est assuré professionnellement. Notre profession est ainsi organisée que vous êtes protégé des éventuelles erreurs ou incompétences de l'avocat par une assurance professionnelle obligatoire. Tout comme les médecins, l'avocat cotise obligatoirement à un fond national d'assurance qui couvre nos erreurs. Si la faute de l'avocat est prouvée dans un dossier, une déclaration de sinistre devra être réalisée et vous serez indemnisée.

6. L'avocat est responsable devant vous de son travail. La profession d'avocat est une profession assermentée et réglementée par la loi. Le législateur a ainsi voulu garantir que les personnes ayant recours aux services d'un avocat soient protégées par les textes. Encore faut-il le savoir... Une mauvaise collaboration avec un avocat vous autorise, si le comportement de ce dernier a été fautif, à saisir le Bâtonnier de son Ordre. L'avocat qui aura violé son serment ou sa déontologie risque ainsi de passer en conseil de discipline et d'être sanctionné. Les sanctions vont jusqu'à la radiation de la profession, c'est à dire l'interdiction définitive d'exercer. De telles démarches supposent évidemment de graves fautes. Mais là encore on peut comparer cette situation à celle des médecins.

7. Vous pouvez changer d'avocat quand vous voulez. Non vous n'êtes jamais prisonnier d'un avocat. Si réellement votre avocat démontre être un piètre conseil, vous pouvez solliciter de récupérer votre dossier afin de le confier à un autre avocat. Dans une telle situation, aller d'abord voir un autre conseil : celui-ci saura comment procéder pour obtenir le transfert du dossier à son cabinet, la principal condition étant souvent que vous soyez en règle financièrement avec votre ancien avocat. Si une contestation existe sur les honoraires, vous pouvez saisir le Bâtonnier de l'Ordre pour engager une procédure de contestation. En tout état de cause, la rétention de dossier est constitutive d'une faute professionnelle susceptible de sanctions disciplinaires.

8. L'avocat peut travailler partout en France. Vous n'avez pas seulement le choix d'un avocat près de chez vous! Nous sommes près de 60 000 avocats en France, c'est autant de choix possibles. Nombreux sont les avocats qui se déplacent partout en France pour aller conseiller, assister, plaider. Même devant les tribunaux de grande instance où seuls les avocats du ressort du tribunal peuvent plaider, tous les avocats "extérieurs" peuvent intervenir pourvu qu'ils choisissent un postulant, c'est à dire un confrère sur place qui sera leur relais pour les démarches procédurales, pratique particulièrement répandue. Ne vous arrêtez donc pas au ressort de votre lieu de résidence. Avec le développement des nouvelles technologies et par exemple le développement des rendez-vous via visioconférence, la distance n'est plus un problème. J'en veux pour preuve dans mon activité et pour ne citer que mon exemple les nombreux clients que je n'ai tout simplement jamais rencontré physiquement... Merci SKYPE!

9. Beaucoup de dossiers ne se plaident pas. La vision du procès est particulièrement faussée chez la plupart d'entre vous. La plaidoirie de l'avocat est presque devenue marginale aujourd'hui si on la rapporte au nombre de dossiers gérés par la profession. Il arrive très souvent à l'avocat de "déposer" son dossier ou de le "faire déposer" par un confrère ou un collaborateur. Le client stupéfait s'imagine alors que son avocat n'a rien fait! En réalité, les magistrats souvent débordés aiment de moins en moins voir les avocats plaider leurs dossiers et préfèrent de loin lire tout simplement leurs écritures. Ne soyez donc pas effrayé de constater que votre avocat ne plaide pas votre dossier. La plaidoirie demeure cependant importante dans certains domaines comme par exemple le droit pénal.

10. Personne ne remplace un avocat. A l'heure où pullulent les associations de toutes sortes, lesquelles prétendent trop souvent se substituer à l'avocat ou déconseiller le recours à ce dernier, à l'heure où se mulitplient les sites webs de prétendus "juristes" de salon n'offrant ni nos compétences, ni les garanties évoquées ci-dessus (assurance, règles professionnelles, déontologie, recours au Bâtonnier...), à l'heure ou les gouvernements successifs par de simples considérations budgétaires, tendent à faire sortir l'avocat le plus possible des procédures, rien n'a jamais été pourtant plus précieux que le professionnalisme et la compétence d'un avocat. Ce métier appartient à cette petite liste de métiers particulièrement exigeant en terme de formation : 5 ans de droit, 2 ans d'école d'avocat, soit 7 années de formation. Les diplômes sont sélectifs et très difficiles à obtenir (moins de 20% de réussite en 1ère année de droit, moins de 30% de réussite à l'examen d'entrée à l'école des avocats). Ceux qui prétendent se substituer à l'avocat n'ont pas le dixième de son parcours universitaire et professionnel. On pourrait résumer ainsi les choses : à chacun son métier. On peu certes soigner un rhume sans aller voir le médecin. Mais mieux vaut alors ne pas se tromper de diagnostic... 
 

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