22 juin 2017

Actualités juridiques

Réseau Privé Virtuel Avocat : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?!

25 nov 2013 à 10h20 par Christophe Landat


Le Réseau privé virtuel avocat est en soi une idée fantastique : permettre aux avocats, sans quitter leur cabinet, d'accéder à leur dossier et pouvoir les faire vivre depuis leur clavier d'ordinateur. Mais sa réalisation est lamentable. La plupart des solutions hautement sécurisées dans le cloud supposent uniquement aujourd'hui un identifiant et un mot de passe, sans aucune installation matérielle sur l'ordinateur. Avantage simple : pouvoir se connecter depuis n'importe quelle appareil relié au web sans autre forme de complexité. Ainsi peut-t-on payer ses impôts, accéder à ses dossiers d'assurance, à ses comptes en banque sur lesquels on peut faire des virement, acheter des actions, bref... faire toute une série de choses qui nécessite la plus haute confidentialité. Suffisant? Non visiblement pour notre profession. Ainsi pour pouvoir utiliser le RPVA, faut-il installer un boîtier physique dans son cabinet et disposer d'un certificat numérique sur une clé USB qui doit être reliée à l'ordinateur. Mais attention, trou de mémoire ou erreur interdite! L'installation relève tout simplement du parcours du combattant et fait perdre un temps incroyable. J'ai la prétention de passer mon temps sur le web et le nez plongé dans l'informatique à la longueur de journée (et parfois de nuits...) et je n'ai jamais vu un système aussi mal pensé, aussi complexe dans son installation, aussi peu ergonomique dans son utilisation et puis disons- le aussi, aussi moche graphiquement. La chancellerie est elle aussi clairement en cause puisqu'elle a créé le RPVJ (pendant judiciaire du RPVA) comme un système fermé auquel il fallait pouvoir accéder et non comme une plateforme pensée dès l'origine avec ses principaux interlocuteurs, à savoir les avocats. Ras le bol, colère, exaspération, nombreux furent les confrères à manifester leur agacement au lancement de ce système mal conçu. Force est de constater que son usage demeure pour beaucoup aujourd'hui une contrainte (déconnexions impromptues, saucissonnage obligatoire des fichiers trop volumineux...) alors que le cloud computing est censé vous en libérer. Quant à ceux qui vous diront que tout va bien, force est de constater qu'ils ont fait des contraintes de ce système une  normalité en matière de service à distance. Quel virage manqué quand on songe à tous les services qui pourraient être rendus par l'apport des nouvelles technologies dans le judiciaire... Nous avons réussi cette prouesse incroyable de mettre un place un système nouveau mais obsolète dès sa sortie au regard de ce que proposent les plus brillantes de nos entreprises innovantes en matière de services sécurisés à distance... Un gâchis monumental... malgré des équipes d'assistance très sympas au CNB (je raccroche à peine avec l'un d'eux) dont il faut saluer la compétence, la gentillesse et la disponibilité... La seule chose qui marche bien finalement dans l'affaire. Pas un mince exploit qu'on on songe qu'on leur demande de faire tourner un solex là où nos responsables auraient dû nous doter d'une fusée... CQFD

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